Alimentation artificielle dans l’EM/SFC
Dans les formes graves d’EM/SFC, une nutrition artificielle peut être nécessaire lorsque les traitements et les mesures diététiques de première intention ne suffisent plus ou que la dénutrition est déjà avancée.
La mise en place de l’alimentation artificielle se fait en milieu hospitalier, dans un service spécialisé en nutrition, puis la nutrition artificielle se poursuit à domicile. Des rendez vous réguliers de suivi en milieu hospitalier sont généralement nécessaires.
Nutrition entérale (NE)
Lorsque l’alimentation naturelle par la bouche devient difficile, insuffisante, voir impossible, le médecin peut proposer la mise en route d’une nutrition entérale. L’alimentation nécessaire est administrée par une sonde pour assurer les besoins quotidiens du patient en supplément ou en remplacement des apports par la bouche.
Différents types de nutrition entérale
Il existe différents dispositifs médicaux disponibles pour acheminer les nutriments dans l’estomac (qui stocke et digère les aliments) ou l’intestin grêle en nutrition entérale (qui absorbe les nutriments) :
- Les sondes nasales Une sonde fine est introduite dans le nez, passant par l’arrière-gorge, qui ira jusque dans l’estomac ou l’intestin grêle. La sonde est reliée à une poche d’alimentation. On distingue :
- La sonde naso-gastrique (NG) va du nez à l’estomac.
- La sonde naso-jéjunale (NJ) va du nez à l’intestin grêle.
- Les stomies digestives Une sonde est introduite directement dans l’estomac ou l’intestin grêle par l’intermédiaire d’un petit orifice : la stomie. Le plus souvent, le geste est réalisé sous anesthésie générale mais en cas de contre-indication médicale ou de refus de la part du malade, il peut être réalisé sous anesthésie locale. La sonde est reliée à une poche d’alimentation. On distingue :
- La gastrostomie percutanée endoscopique (PEG) placée au niveau de l’estomac
- La jéjunostomie percutanée endoscopique (PEJ) placée au niveau de l‘intestin grêle
L’alimentation par sonde nasale est généralement recommandée en cas d’assistance nutritionnelle entérale de courte durée. L'alimentation par stomies digestives (qui nécessite une opération chirurgicale pour la mise en place) est envisagée chez les personnes susceptibles d'avoir besoin d'une alimentation par sonde entérale à long terme.
Nutrition entérale et EM/SFC
- En présence de malaises post-effort postprandiaux (après les repas) ou de gastroparésie, une alimentation artificielle par voie jéjunale est à privilégier afin de court-circuiter l’estomac et l’étape de digestion.
- Les recommandations générales pour la nutrition entérale incluent que le patient soit en position semi-assise (minimum 30 à 45°) pendant (et après) l'alimentation par sonde pour réduire le risque de pneumonie par inhalation. Cette position peut être impossible à tenir pour une personne atteinte d’EM/SFC, notamment si elle souffre d’intolérance orthostatique ou de POTS sévère. Quelle solution ?
- Un syndrome de renutrition inappropriée (Refeeding syndrome) peut apparaitre les premiers jours après la mise en place de l’alimentation artificielle.
Considérations pratiques
- Soins à domicile et déplacements à l’hôpital - A approfondir
- La sonde doit généralement être changée tous les 2-3 mois. (ca dépend du type de sonde)
- Obstruction de la sonde : lorsque le produit de nutrition passe trop lentement dans la sonde ou s’il est épais. Pour éviter cela, il est indispensable de bien rincer la sonde plusieurs fois par jour.
- Troubles digestifs : revoir le débit à la baisse, changement du produit
- AFDN = organisation professionnelle représentant les diététiciens nutritionnistes de tous les secteurs d'activité
Nutrition parentérale (NP)
La nutrition parentérale (NP) est une alimentation artificielle administrée par voie intraveineuse par le biais d'un cathéter placé dans une veine. La nutrition parentérale est administrée sous forme de solution liquide directement dans le flux sanguin. Elle apporte les calories et nutriments dont le patient a besoin. Elle peut être totale, couvrant la totalité des besoins nutritionnels quotidiens, ou complémentaire, associée à une alimentation orale ou entérale.
Les risques infectieux étant importants, la nutrition parentérale (NP) n’est généralement mise en place qu’en cas d’échec ou de contre-indication à la nutrition entérale (par exemple, en présence d’une pathologie digestive).
Dans le cadre d’une nutrition parentérale à domicile, l’administration des nutriments se fait via une pompe à perfusion qui assure un débit constant et programmable, obligatoirement par voie centrale (cathéter remontant jusqu’au cœur).
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À lire !
Références
- Baxter, Helen, et al. « Life-Threatening Malnutrition in Very Severe ME/CFS ». Healthcare, vol. 9, no 4, 4, avril 2021, p. 459. www.mdpi.com, https://doi.org/10.3390/healthcare9040459.
- NICE. Myalgic Encephalomyelitis (or Encephalopathy)/Chronic Fatigue Syndrome: Diagnosis and Management | Guidance | NICE. octobre 2021, https://www.nice.org.uk/guidance/ng206.
- Grach, Stephanie L., et al. « Diagnosis and Management of Myalgic Encephalomyelitis/Chronic Fatigue Syndrome ». Mayo Clinic Proceedings, vol. 98, no 10, octobre 2023, p. 1544‑51. www.mayoclinicproceedings.org, https://doi.org/10.1016/j.mayocp.2023.07.032.
- NICE. Nutrition Support for Adults: Oral Nutrition Support, Enteral Tube Feeding and Parenteral Nutrition | Guidance | NICE. NICE, 22 février 2006, https://www.nice.org.uk/guidance/cg32.
- https://www.omedit-centre.fr/medias/Dispositifs-medicaux-nutrition-enterale.pdf
Les informations contenues sur le site du collectif voxEM sont à visée éducative et ne remplacent pas une consultation, un diagnostic ou un traitement fourni par un professionnel de santé qualifié.
